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Dorothée dans la presse

[Dorothée : Une affaire qui marche]

Télé Journal – 29 Octobre 1988

 

Dorothée, une fée dont la baguette magique apporte les meilleurs dessins animés et les plus sages divertissements. Sa réussite est exceptionnelle : sur TF1, ses émissions quotidiennes battent tous les records.

Avant-hier, le cinéma avec Truffaut. Hier, le prix de la meilleure émission enfantine. Aujourd'hui l'animatrice préférée des enfants. Une fée dont la baguette magique apporte les meilleurs dessins animés et les plus sages divertissements créés dans sa propre maison de production.
Sa réussite est exceptionnelle : ses émissions quotidiennes sur TF1, battent tous les records. A partir du 26 novembre, elle sera sur la scène du Zénith. Elle touche à tout. Et tout ce qu'elle touche devient or. Mais qui est donc Dorothée ?


Trente-quatre ans, Frédérique Hoschédé de son vrai nom. Elle n'a pas encore tout à fait dépouillé le visage de l'enfance. Elle plisse sans arrêt les yeux, masque sa timidité derrière quelques grimaces. Vous regarde de biais, comme si elle s'attendait à une réprimande. C'est Dorothée, celle que Jacqueline Joubert, d'un coup de baguette magique, a transformée en vedette de télévision en lui disant : « Tu t'appelleras Dorothée ».

« Je suis restée une enfant »

Je l'observe alors qu'elle évoque les souvenirs de son enfance: si elle a grandi, la petite Dorothée n'a pas vieilli. «Sans doute parce qu'au fond de moi-même, je suis restée une enfant. J'adore l'univers des enfants, leur innocence, leur naïveté et dans le même temps, leur spontanéité et leur sens de la critique. Vous savez, ils ne me laissent rien passer. Ils ont à mes yeux une immense qualité : ils possèdent ce que les adultes, dans leur grande majorité, ont perdu: une extraordinaire capacité d'émerveillement, une pureté, un désintéressement qui me bouleversent ». Son imprésario qui assiste de loin à notre entretien lui fait signe, déjà, de la main qu'il est bientôt l'heure de rejoindre le plateau. Dorothée acquiesce d'un grand sourire, mais ne se dépêche pas pour autant. Elle continue à se confier. Quoi qu'elle fasse, elle s'y consacre entièrement. Y compris les interviews. C'est d'ailleurs cet acharnement de mener= tout ce qu'elle entreprend à bien qui, aujourd'hui, a conduit Dorothée dans ce magnifique studio, porte de la Chapelle à Paris. Il a été construit spécialement pour elle. Six mille mètres carrés (dont 700 m² de plateau), dotés de l'équipement le plus perfectionné. « On dispose de la dernière technologie. Mais on ne va pas travailler plus pour autant. Je ne pense pas qu'on puisse travailler plus. » Il ne faut pas oublier, en effet, qu'avec ses 20 heures d'antenne par semaine la « fée des enfants » pulvérise ainsi le record de présence sur le petit écran. «Heureusement, j'ai autour de moi une équipe de gens sympas qui s'amusent aussi en faisant les émissions et ça se sent, on est tous solidaires, on fait tout ensemble, techniciens
compris, et en plus on se marre bien ! »

Dorothée dans la presse

Dorothée écoute attentivement les conseils d'Ariane, sa petite collaboratrice de toujours, devenue aujourd'hui une amie, sous l'œil attendri de Roxane.

Dorothée dans la presse

Une ambiance de fête règne sur le plateau du Club Dorothée tous les mercredis après-midi. Une émission en direct qui «chauffe » avec plein d'enfants invités qui peuvent évoluer sur un espace de 700 m².


Vingt heures d'antenne chaque semaine

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Bien qu'aujourd'hui elle ait été nommée directrice des programmes de la jeunesse par Francis Bouygues, une belle preuve de confiance de la part d'un patron, Dorothée ne se prend vraiment pas au sérieux. Assise en tailleur dans un fauteuil du salon de maquillage, elle cogite certaines idées de sketches, donne des directives à une collaboratrice qui vient de passer sa tête dans l'encadrement de la porte, bref, elle est sans cesse en ébullition, elle ne connaît pas de temps morts.
Cet été, en plus de ses 20 heures d'antenne, elle a trouvé
le moyen d'aller tourner dans trois séries télévisées au Japon.
Elle a épaté les Japonais en maniant le sabre et le bâton pour les besoins d'un scénario inspiré de Bioman. « Leur méthode de travail est assez rigoureuse, dit-elle. Quand ils disent: « Prêt à tourner à une heure », ce n'est pas une heure moins une ou une heure deux. Tout est réglé, très rapide, très professionnel, mais l'ambiance est absolument extraordinaire. Cela a été pour moi une expérience intéressante! » Bottée en jeans, elle part rejoindre l'équipe sur le plateau, elle déjeunera plus tard, en quart d'heure dans le studio.


Une entreprise de cent quarante personnes


Qu'elle le veuille ou non, Dorothée est devenue une des stars de TF1, les sacs postaux emplis de courrier qui arrivent chaque jour sont là pour en témoigner. La star se double d'une femme d'affaires avisée qui ne laisse rien au hasard. Difficile de faire autrement quand on est à la tête d'une entreprise de cent quarante personnes, dont le chiffre d'affaires dépasse les deux cent cinquante millions de francs par an. « Pour moi, l'argent ne compte pas. L'important, c'est que le public soit heureux. Si nous avons investi dans un studio plus grand et plus moderne, c'est évidemment pour faire du meilleur travail, et non pas, comme certains le pensent, pour me réserver le monopole, précise-t-elle. Je commande des émissions à la Société AB Production à laquelle j'appartiens et cette société les fabrique. Tout ce qui est artistique, tout ce qui concerne le choix des dessins animés et autres, c'est nous. AB Production s'occupe des locaux et de la technique ». De ce métier, la petite Dorothée connaît tous les dangers. Elle sait que tout arrive très vite mais aussi que tout peut repartir encore plus vite. Si elle déborde d'activités, elle refuse de se laisser gagner par le vedettariat.
« C'est vrai que je gagne de l'argent, mais je vis tranquillement. J'ai une toute petite voiture, c'est tout ce que j'ai à moi d'ailleurs ! J'achète des vêtements idiots, des bijoux simples mais drôles. Je n'aime pas vraiment le luxe. On va souvent au restaurant, on fait la fête en famille. Je vis dans un tout petit deux-pièces. Je ne possède rien de somptueux, cela ne m'amuserait pas. »
 

Au Zénith, puis partout en France
 

Dans quelques jours, Dorothée se dirigera sur la scène du Zénith. Mais si pour elle, les plateaux de télévision n'ont plus de secret, elle avoue, en revanche, que la pensée de se retrouver sur l'une des plus grandes scènes parisiennes la fait frissonner de la tête aux pieds. Dorothée réagit toujours de la même façon à son succès : avec simplicité. Et en sachant ce qu'elle fait. Ce spectacle, elle le veut gai, remuant, à la limite d'un spectacle rock. « Un récital scénarisé, avec plein de nouvelles chansons », précise-t-elle en riant. Ses yeux malicieux pétillent en pensant à toutes les surprises qu'elle réserve à son public. Pendant deux heures, notre Dorothée- rockeuse jonglera entre musiciens, danseurs et acrobates.
« Il y en aura pour tous les goûts et pour tous les âges. Je veux que les enfants puissent emmener leurs grands frères et leurs parents avec eux !... Après la scène parisienne, pas question de récré pour Dorothée. Elle partira sur les routes de France présenter son spectacle. Et pour ne pas abandonner « ses » enfants, elle réalisera tous les mercredis, le club Dorothée en direct de la province.


Christiane Lassoued
Photos Louis Candela et Jacques Marthelot

Dorothée dans la presse

Entourée par ses complices, Ariane, Patrick Simpson-Jones, Corbier et Jacky, Dorothée apprécie un de ces rares moments de détente.

Dorothée dans la presse

Madame la directrice des programmes de la jeunesse est ici aux commandes de la régie dans son nouveau studio de la porte de la Chapelle. Car la petite fée des enfants est aussi, quand il le faut, un chef d'entreprise avisé.

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