Dorothée dans la presse
Dorothée dans la presse

[Dorothée : un retour tonitruant]

Janvier 1992

 

Dans les lasers et accompagnée de quatre danseurs congolais, la « Do » chantera non-stop, avec énormément de nouveaux titres

 

On l’attend pile à l’heure, sûre d’elle, maquillée juste ce qu’il faut pour rehausser le sourire tonique, bref, parfaitement nickel et sans surprise… Et (joie !) Miss Dorothée surgit sur les braises, légèrement en retard, ses yeux tout rouges, ce matin-là, cachés derrière des petites lunettes noires à la Lennon qu’elle enlève aussitôt par politesse.

« Pardonnez-moi. Je sors de chez le médecin. Je me suis réveillée avec des yeux de lapine moitié fermés. Ca va mieux maintenant. Mais quelle angoisse. A la veille de Bercy, c’est quand même pas le moment de m’attraper une conjonctivite ! C’est une responsabilité, un show pareil. Alors je m’accroche, je m’accroche ! »

Savoir si à force de brûler ses énergies à la chaleur des studios cathodiques, la « Do » ne s’est pas fabriqué, elle-même, son virus ? Etonnant, quand même, ce petit bout de femme que l’on décrit comme une industrie à elle toute seule, avec ses 26 heures d’émissions hebdomadaires sur TF1, ses treize album en onze ans (dont 12 millions vendus), ses rock-shows pour enfants, ses tournées au Japon, au Maroc, en Guadeloupe, aux Etats unis, et ses ravages à Shanghai auprès de milliers de petits chinois fanatiques ! « Là-bas, ils m’appellent Dorothée-Rock. Parce que, pour eux, ce que je fais, c’est carrément du hard ! »

Forte et fragile, la voilà donc, aujourd’hui, dans les pires affres de l’angoisse et dans l’incapacité totale de les maîtriser.

« Cette nuit encore, j’ai rêvé qu’on était à deux heures du spectacle et qu’il me tombait toutes les catastrophes de la terre sur la tête. Heureusement que ce genre de cauchemar conjure le sort ! »

Il va bien falloir. Pour ce retour tonitruant, la petite souris va encore accoucher d’une montagne. Nouvelles générations de retours son, nouvelles générations de lasers commandées par le capitaine Rouveyrollis, ambiance chaude et exotique sur plusieurs titres. Détail qu’elle ne peut pas nous cacher (bien qu’elle cultive le suspense), puisqu’on a vu passer des paillottes sur le dos des déménageurs. « C’est vrai que j’ai invité une troupe de quatre danseurs congolais. Je les avais connus dans mon dernier spectacle. Je les adore parce qu’ils sont drôles et qu’ils ont toujours le sourire. »

Cette fois, les Musclés restent à l’orchestre. « C’est moi qui chante non-stop tout du long. Ca ira de « La menteuse » aux « Neiges de l’Himalaya » avec énormément de chansons nouvelles ! Le trou de mémoire, c’est quelque chose qui m’angoisse. Surtout que je me laisse distraire facilement par ces petites puces, devant moi, qui se tortillent dans tous les sens sur mes chansons. Ils sont tellement craquants qu’ils sont capables de me faire perdre le fil. »