[Le bide de Dorothée]

 

Le parisien - 1992

Elle avait demandé un coup de main à ses jeunes téléspectateurs en les incitant à écrire au CSA. Le Conseil n’a reçu qu’une lettre… contre les séries américaines et japonaises ! L’animatrice-vedette s’explique.

Les fans de Dorothée ne savent visiblement pas encore écrire. A moins qu’ils n’aient pas bien saisi le message de désarroi lancé par leur idole, dans son émission du 8 janvier. L’animatrice rockeuse avait en effet appelé ses jeunes téléspectateurs à protester contre l’instauration de quotas français et européens aux heures de grande écoute. Une obligation qui, selon Dorothée, impliquerait forcément des changements d’horaires pour certaines séries américaines ou japonaises. Horreur !

La reine des émissions jeunesse sur TF1 avait donc tout simplement demandé aux enfants qui la regardent entre les séries d’écrire au Conseil Supérieur de l’audiovisuel (CSA) et non au Comité de surveillance de l’audiovisuel comme elle l’avait d’abord nommé, afin de manifester leur indignation.

A en croire la dernière lettre du CSA, « l’appel de Dorothée ne semble guère avoir été entendu ». Le Conseil supérieur de l’audiovisuel précisait même « qu’au 30 janvier il n’avait reçu qu’un seul courrier : celui d’une classe réclamant, avec son professeur, la suppression des séries américaines et japonaises ». Un comble de l’ironie qui, on s’en doute, a dû très certainement faire frémir de bonheur la plupart des neuf sages.

Dorothée, elle, rit nettement plus jaune. Hier, sur le tournage d’une séquence de son émission, l’animatrice nous précisait que « cette affaire était classée ». En tout cas, elle ne regrette rien de son appel : « Je maintiens que ces lois vont perturber des séries que les enfants aiment. Et je dois leur dire. Moi, je prends les enfants pour des êtres responsables. Ils doivent être au courant de ce qui se passe. Je leur ai simplement dit si vous voulez écrire au CSA, vous pouvez. C’est tout. Mais tout ça est déjà ancien. J’ai eu le président Boutet au téléphone. Je le redis : c’est une affaire classée. »

Quant à la seule lettre reçue par le CSA, Dorothée ne veut absolument pas y voir là un camouflet de la part de ses petits anges. « Si nous avions voulu, nous aurions pu faire beaucoup plus de ramdam, passer l’adresse du CSA toutes les dix minutes. Mais on ne l’a fait qu’une fois. C’était pour prévenir et informer. Point. » C’est chose faite.

Nicolas Helias

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