[Dorothée, la gloire à 30 ans]

Télé 7 Jours  -1984

« Hou la menteuse, elle est amoureuse », chante Dorothée. Mais si la nouvelle star de la télé, consacrée par son show de Noël sur Antenne 2 n’est pas du tout menteuse, elle est bel et bien amoureuse ! « Mon fiancé est photographe. A quand la noce ? Vous verrez bien… » Bien calée au fond d’un canapé multicolore, dans son petit appartement, Dorothée ne rêve plus d’un cœur, mais d’une chaumière. « Je l’imagine anglaise, style maison de poupée. L’ennui, c’est qu’il faudrait la chercher près de Paris ou en province, et je déteste ça. »

Pour celle que les enfants ont mis au même rang que Chantal Goya et qui explique volontiers qu’elle a vendu cette année plus de disques que sa « rivale », une vie sans enfants ne peut être une vie : « Le moment n’est pas encore venu, mais je veux avoir un enfant. Je me vois à la fois mère poule et très sévère sur le plan de l’éducation. Et puis, lorsque je serai mère, je m’occuperai totalement de mon enfant. Adieu « Récré A2 », disques, chansons, copains… Ça sera un choix, mais je ne suis pas encore mûre pour ce choix.»

Dorothée a 30 ans, depuis le l4 juillet dernier. « Il serait peut-être temps de vivre, non ? » dit-elle en riant, espiègle et décontractée comme toujours. Est-elle en train de devenir adulte, de prendre, comme on dit, de l’épaisseur ? « Ah, ça n’est pas vraiment le mot juste ! J’étais un bébé qui mangeait à peine. Je faisais le désespoir de mes parents. D’ailleurs, j’ai toujours un appétit d’oiseau. Lorsque je vais au restaurant, je chipote dans mon assiette. Alors, ne me parlez pas de déjeuners d’affaires. Je préfère les thés d’affaires… »

Les affaires, Dorothée est bien obligée d’en faire et d’en parler. Elle est devenue une valeur sûre du tout-télé, très cotée à la bourse du show-business, bien secondée par un producteur-imprésario, Jean-Luc Azoulay, et sa carrière peut se résumer en quelques chiffres. Un million de spectateurs pour sa tournée de quarante-huit galas, l’été dernier, avec le podium de Radio Monte-Carlo, et 150.000 Parisiens qui ont visité sa « Forêt enchantée», spectacle qu’elle vient de donner au Champ de Mars. Avec les disques vendus, quatre millions selon son producteur, cela fait beaucoup, beaucoup d’argent. Les enfants qu’elle aime tant seraient-ils devenus sa mine d’or ? « Je ne vois pas ça ainsi. L’argent n‘est pas ma motivation. Une mine d’or, peut-être, mais malgré moi. Une mine ça s’exploite. Mais ça peut fermer à tout moment. Je n’exploite rien, ni personne. C’est vrai que je gagne de l’argent. »

Alors cigale ou fourmi? « Les deux, j’invite mes copains, je leur fais des cadeaux, j’achète des fringues, des babioles, des petits bijoux sans valeur et avec ce qui reste, eh bien on verra, j’achèterai peut-être ma chaumière… Je commence à vivre. Je fais tout en retard. Je n’ai conquis ma liberté qu’à 26 ans. Vous savez, j’ai reçu une éducation très stricte. »

On en revient à la famille sans qui Dorothée ne pourrait pas être heureuse et pour laquelle elle ne sacrifie rien. « Il y eu mon père d’abord. Il était très soucieux pour mon avenir. Mais, en souvenir du passé, – il avait souhaité se lancer dans le spectacle – il m’a laissée libre, jugeant même que faire de la scène et de la télé guérirait ma timidité maladive. Maintenant, il a disparu et la famille s’est encore plus resserrée. Nous nous protégeons,peut-être trop. »

Quand on rencontre Dorothée, Eugénie, sa grand-mère, n’est jamais très loin : « A 83 ans, elle a gardé un côté foldingue dont j’ai hérité. Elle est toujours de bonne humeur. Moi pas ! » Et puis, il y a Jacqueline, la maman de Dorothée, jamais très loin, elle non plus. « C’est une de mes complices… Quand on a des problèmes, on se téléphone et on se dit tout. Allô Maman Bobo ?… C’est tout à fait ça. Bref, je n’ai pas coupé le cordon ombilical. »

Et le fiancé de Dorothée dans tout ça ? Dorothée pouffe comme une gamine… « Oh lui, c’est lui… » et Dorothée n’en dit pas plus, préférant nous présenter son frère François, son aîné de sept ans, documentaliste au CNRS. « Il est célibataire comme moi. Nous nous voyons souvent. Je suis toujours sa petite sœur. » Et bien sûr, la petite sœur de millions de téléspectateurs.

Lise Genet

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