[Je n'ai pas d'état d'âme]

Télé Loisirs - 1986)

Un nouvel album à la rentrée, le Zénith à Noël, et une émission avec Jerry Lewis. La vie de Dorothée est comme un petit conte moderne : léger, sans drame, placé sous le signe de la chance qui arrive sans même qu’on ait besoin d’y penser. Jugez plutôt.

Enfant, Dorothée, comme beaucoup de petites filles, rêvait de faire du cinéma. Fred Astaire dormait tous les soirs au-dessus de son lit, elle avait déjà vu plusieurs fois « Singin’ in the rain » et ne manquait aucune des comédies musicales projetées au cinéma de son quartier. Elève à l’école Notre-Dame de Bourg-la-Reine, elle jouait du piano, prenait des cours de danse et son plus grand plaisir était de chanter en duo avec son papa. Dorothée grandit et du même coup abandonna les ambitions de son enfance, pour entreprendre, jeune fille, une très sérieuse licence d’anglais à la faculté.

Ce n’est que « pour du beurre », sans y croire, qu’elle avait participé peu de temps auparavant, en terminale, aux représentations théâtrales de son collège. Et pourtant, déjà, la chance était là. Jacqueline Joubert, qui faisait partie du jury la remarqua et lui propos quelque temps plus tard – en 1973 – d’animer les premiers « Mercredis de la jeunesse » sur TF1. Pas pour longtemps : en 1976, elle se trouvait au chômage huit mois durant, pendant lesquels elle fut tour à tour doublure lumière à la télévision, animatrice dans les supermarchés et secrétaire dans une société de robinetterie : « Ils ont mis longtemps à s’en remettre », dit-elle aujourd’hui, narquoise.

Mon endroit préféré

« C’est la maison familiale à Bourg-la-Reine. J’ai l’esprit de famille. J’aime me retrouver au calme, entourée de mes parents, de ma grand-mère, de mon frère. C’est un endroit où je ne suis plus la fille de la télé, mais simplement moi, la fille de la maison. C’est très reposant.

En 1977, un concours de présentatrice sur Antenne 2 l’extirpe du marasme et des vaches maigres. Très vite, la France des Messieurs s’émeut de cette nouvelle frimousse et du plissement singulier que ses yeux font en riant. En 1978, elle participe à la naissance de « Récré A2 et lorsqu’un jour, un journaliste s’enquiert de son envie de faire du cinéma, elle lui rit au nez : trop beau pour que ça lui arrive !

Souvenir d’enfance

« C’était en Bretagne à Saint-Pierre de Quibron. A sept ans, j’étais la chef d’une bande de garçons. J’étais la seule fille, un vrai garçon manqué. Il y avait deux clans adverses qui se confrontaient régulièrement. Je me souviens de batailles de boules puantes mais surtout d’une bataille de boules de neige qui s’est mal terminée. Un garçon m’en a lancé une en plein visage avec une barre de fer dedans. J’ai eu l’arcade sourcilière ouverte et très peur. »

Mais les fées veillent encore sur elle et quelques mois plus tard, François Truffaut l’engage par téléphone pour jouer dans « L’Amour en fuite ». Robert Enrico, ensuite, lui proposera le personnage féminin de « Pile ou face ». « Laurence Bertil, dit-elle, c’est un peu moi : une femme libre, indépendante, déterminée. » Elle n’abandonne pas pour autant la télévision et c’est avec un malin plaisir qu’elle retrouve les plateaux de « Récré A2″. Là, elle peut donner libre cours à son mauvais caractère : « Avec les enfants, dit-elle, je ne triche pas. Je leur parle normalement, je ne bêtifie pas. Ils aiment bien que je m’enlaidisse, que je me déguise, que Cabu me dessine avec un grand nez. Et quand je suis de mauvaise humeur, je ne le leur cache pas. »

Aujourd’hui, Dorothée s’est bâti un empire. Avec « Récré A2, mais aussi avec ses comédies musicales et ses disques : entre « Dorothée au pays des chansons », « Rox et Rouky », « Hou la menteus », « Les Schtroumpfs », « Pour faire une chanson », « Qu’il est bête », « Allô, allô, monsieur l’ordinateur » et le reste, elle a déjà vendu plus de six millions de disques et reçoit mille lettres par jour : « Je lis tout, dit-elle. Il y a des grands-parents qui m’écrivent pour me dire qu’ils me considèrent comme leur petite-fille, mais ce sont surtout les enfants qui se manifestent. Ils me posent des questions de toutes sortes. Quel âge a mon chien ? Quel est mon dessert préféré ? Pourquoi Cabu me dessine-t-il un grand nez ? Est-ce que Jacky est gentil avec moi ? Ils sont curieux de tout. »

Mon chien

« Ce yorkshire de cinq ans s’appelle Roxan et sans qu’on s’y attende, il est devenu la vedette de Récré A2. Il reçoit des milliers de lettres comme une star. On a dû faire une photo de lui pour l’envoyer aux enfants qui lui écrivent. »

 

Dans ses bureaux de l’avenue Kléber, Dorothée trône en star, entourée de ses animaux en peluche. Une star d’un genre particulier qui dit ne pas aimer se réveiller le matin, dormir trop peu, manger n’importe quoi, foncer entre deux rendez-vous pour dévaliser les boutiques mais n’avoir jamais rien à se mettre et adorer traîner chez elle devant la TV avec un thé et des tartines de beurre. Une star qui dit avoir une « vie sentimentale inintéressante » mais qui, entre les enregistrements de disques, les émissions à la télévision, les interviews, les séances de photos, n’a pas le temps d’avoir des états d’âme. D’autant plus que le marathon n’est pas près de s’arrêter. Elle prépare pour la rentrée un nouvel album qu’elle ira enregistrer cet été à Nashville, un spectacle au Zénith pour Noël et une émission en novembre prochain avec Jerry Lewis, inspirée du show qu’il anime à la télévision aux Etats-Unis, « Telethon », dont le but est de récolter des fonds pour les enfants myopathes.

 

Tout le long d’un destin, vieux aujourd’hui de trente-trois années, les bonnes fées n’ont pas quitté celle qui rêvait de devenir une star du cinématographe. Elles se sont simplement souvenu de la petite fille de Bourg-la-Reine, qui, jadis, s’était fait renvoyer de son école de danse « pour avoir dissipé ses petites camarades en faisant le clown » et ont fait légèrement dévier sa route pour qu’elle rejoigne celle des enfants. L’intéressée ne s’en plaint pas : « J’adore les gosses, dit-elle. Ils sont très critiques mais toujours prêts à jouer le jeu.

C’est fabuleux de voir un enfant vous aborder dans la rue pour vous dire : « Hier, quand t’étais déguisée en grand-mère, tu m’as bien fait rigoler. » Et le cinéma alors ? « J’y reviendrai, dit Dorothée, mais on me proposera un rôle qui me plaira. » Pour l’instant, au pays des chansons, tout va bien pour cette jeune demoisselle Tartine, couverte de disques d’Or, acclamée par les foules en culotte courte, couronnée l’année dernière aux « Victoires de la Musique » et qui dit faire fi des mièvreries qu’on sert d’habitude aux enfants.

Thème astral

Quelle chance elle a, Dorothée ! Elle gardera toujours son âme d’enfant (Cancer), sa jeunesse d’esprit, sa silhouette juvénile (influence des Gémeaux). Les gosses l’adorent parce qu’ils sentent qu’elle les comprend et s’intègre à leur univers. Si elle respire la bonne humeur, le plaisir de vivre (dominante Vénus-Jupiter), elle a, néanmoins, un caractère très affirmé (conjonction Soleil-Mars-Uranus). Avec elle, pourtant, tout peut se résoudre grâce au dialogue (ascendant Verseau).

Marlène Amar

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