[Fabienne Escazaux]

 

 

Fabienne Escazaux était caméraman au Club Dorothée

A propos de Dorothée :

"Les gens pouvaient être assez surpris quand ils travaillaient avec elle. Elle pouvait paraître assez sèche et être mal perçue. En fait, il ne s'agissait que d'une exigence de travail, du professionnalisme. Comme elle faisait attention à tout, elle voulait, qu'en face, les gens soient aussi consciencieux. A force de travailler avec elle, les personnes se rendaient compte que, vu les heures qu'elle faisait, elle était de très bonne composition. Je ne l'ai jamais vue s'emporter sur le plateau, ou après quelqu'un, alors qu'on faisait un quart des heures qu'elle faisait.

Un jour, elle était sur un tournage et elle a vu que je parlais à la maquilleuse à qui je demandais de démêler les cils de Dorothée, qui étaient embrouillés. C'étaient certes des détails féminins. Dorothée a demandé à la maquilleuse de quoi il s'agissait, puis est allée vérifier mes dires en régie, ou elle a visionné l'enregistrement, avant de venir en passant à coté de moi et en disant; "Elle a toujours raison", sur le ton de la plaisanterie. Une fois, une espèce de cactus était dans le décor. Le tournage allait commencer et Pat Le Guen a lancé "Moteur!" et j'ai dit assez fort "Non". Dorothée m'a regardé en me demandant "et comment non?". Je lui ai alors suggéré de regarder à l'écran ce que je filmais et elle avait en effet, en gros plan, deux énormes cornes formées par le haut du cactus. C'étaient les débuts et je n'osais pas, mais elle a apprécié. Si j'avais fait ça pour du zèle, elle m'aurait vite démasqué, alors que là, elle voyait que, chaque fois que je bougeais, c'était justifié. Moi, c'était son image, que je soignais. J'aurais pu n'en avoir rien à faire et cadrer sans faire attention. Une fois qu'ele a compris qu'il s'agissait d'esthétique destinée à soigner son image, elle a demandé que je fasse son gros plan."

 

Fabienne se souvient de la période de Noël 1990 :

"On s'est vraiment éclatés. Nous étions parti tourner un Dorothée Vacances dans une station de ski. Tout ce qu'on a fait en extérieur, en équipe réduite, nous a permis de gagner en mobilité et en cordialité. On a tellement pris la tête de Jean Luc Azoulay qu'il a laissé Dorothée faire du ski avec nous. C'était exceptionnel! D'une part, il était rare qu'elle ait du temps et, d'autre part, c'était rare qu'elle soit avec nous en dehors de tout ce contexte de travail. C'était du loisir, parce qu'on avait fini de tourner. Ca ne plaisait pas trop à Jean Luc, à qui nous avions forcé la main. D'un seul coup, elle lui échappait. Je pense qu'il aimait bien séparer les techniciens de Dorothée. Elle s'était marrée. pour une fois, elle s'est lâchée un peu. Elle était anonyme et libre. C'était l'échappée belle, pendant ces trois heures de loisirs, de détente et de rigolade"

 

Fabienne revient sur l'après "Club Dorothée":

"J'ai continuer à l'appeler. On s'est vues quelques fois sans être pour autant inséparables, mais il y a une amitié, une réciprocité dans les sentiments qui font qu'on n'a pas besoin de s'appeler tous les jours. On prend des nouvelles régulièrement. Elle est venue à des soirées que j'organisais. On est allées manger au restaurant ensemble, entre amis. Mais je considère toutefois que c'est quelqu'un qui m'a toujours beaucoup impressionnée par sa rigueur et son acharnement au boulot. Je la respecte énormément. Avec le recul, je trouve qu'elle n'a pas été traitée comme elle le méritait. Elle est quand même restée très seule pendant dix ans. La vie continue, les gens font autre chose et, comme elle a une certaine timidité et de la pudeur, ce n'était pas elle qui allait appeler et les relancer.

J'entends certaines personnes parler d'elle en des termes inadéquats alors qu'ils ont vécu grâce à elle et à son boulot. C'est quand même sur elle que tout reposait! Quand je les entends dire du mal dans son dos, si je suis là, en général, ça chauffe et je le dis ouvertement. J'estime que la majorité d'entre eux a vécu dix ou quinze ans grâce à elle. C'est un peu facile de critiquer. Dorothée, c'était la machine à bosser. Elle faisait son boulot. Que certains l'aient laissée tomber comme une vieille chaussette sans lui prêter attention, elle a dû s'en rendre compte... Aussi bien des techniciens que des gens qui étaient très proche d'elle, dans ses co-animateurs ou dans les bureaux. Libre a chacun de ne pas travailler avec elle. personne n'y était obligé. J'ai trouvé très triste de réaliser que, quand je l'appelais, elle était toute seule. Il y a bien eu, en effet, quelques fidèles qui sont toujours restés proche d'elle, mais j'estime que, vu le parcours, c'est juste un peu dommage..."

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