[Christian Puech]

« Dorothée, même si elle n’était pas aussi impliquée dans la création que son titre chez TF1 le laissait croire, se rendait aux réunions de l’unité jeunesse de TF1, dont elle était responsable. Je sais par d’autre gens, comme Dominique Cantien, qui étaient aux réunions de divertissement que Dorothée était quelqu’un qui discutait et faisait très attention aux programmes qu’elle diffusait. Elle avait très vexée de l’histoire Ségolène Royal. Parce que je sais qu’il y avait un comité de visionnage et des gens regardaient tout ce qui était lié aux enfants. Quand on faisait les conducteurs, on se demandait pourquoi un épisode de dix huit minutes, soudain, ne durait que quatorze minutes. Ils coupaient carrément, sans remonter l’épisode.

Dans « Dorothée Matin », dans le petit studio d’AB, il y avait tous les animateurs autour de la table et c’était juste des lancements de dessins animés pratiquement. Chaque dessin animé durant environ vingt minutes, pendant les pauses, tout le monde se barrait de la table, allait fumer sa clope, lire son journal, prendre un café… sauf une : Dorothée. Elle était toujours assise à sa place, à sa table, en train de regarder ce qu’elle allait faire après, à étudier son planning de l’après-midi.

Une année, elle a refusé des poupées Dorothée. Jean Luc était assez mécontent. Elle avait un truc pour elle, c’est qu’elle avait conscience des autres. Elle avait dit à Jean Luc : « Ils achètent des disques. Ils vont sur la tournée ou il y a du merchandising. C’est bon, ça va. On n’a pas besoin de plus. ». Elle culpabilisait, à mon avis, à l’idée qu’on puisse l’accuser de se servir des enfants pour faire de l’argent. Je me rappelle qu’il y avait plein d’entreprises qui envoyaient des prototypes de produits dérivés, à chaque fois, elle disait non. Le parfum Dorothée aussi, elle a refusé.

Un mercredi matin, pendant les fêtes de Noël, alors que nous avions habituellement une heure pour déjeuner, l’équipe technique n’avait, cette fois, qu’une vingtaine de minutes pour déjeuner. Jean Luc disait que ce n’était pas grave, mais toute l’équipe râlait un peu. Dorothée avait gueulé et avait décidé de préparer, elle-même, de la bouffe pour tout le monde. Elle nous a préparé une soupe de potirons qu’elle avait cuisinée chez elle et est restée manger avec nous. Elle était très solidaire de ses équipes.

Je me souviens que Dorothée était mécontente quand il y avait un artiste d’une sitcom qui arrivait en retard d’une demi-heure sur le plateau du « Club Dorothée ». Elle ne trouvait pas ça pro et le lui faisait savoir. Elle a un franc parler et elle n’est pas dans la douceur. Les gens la craignaient un peu à cause de ça. »

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