[Alain Chaufour]

 

« Le couple Azoulay/Dorothée me faisait penser un petit peu au couple Claude Carrère/Sheila : entre le producteur dans toute sa splendeur, talentueux, omniprésent, et la vedette, talentueuse mais obéissante. En plus Azoulay arrivait de chez Vartan. Donc, il connaissait la vieille école du show-buisness, ou il y a quelqu’un qui organise tout et la vedette, à coté, qui suit. Il y avait le côté très protecteur d’Azoulay et le désir de Dorothée de se faire protéger.

Pour mes débuts à Récré A2, j’avais passé une audition au printemps 1980 et nous été quatre à être pris tout de suite, dont Zabou Breitman. Je connaissais déjà Dorothée, que j’avais vue à l’écran en tant que speakerine. Mon père adorait cette fille, parce qu’elle avait un côté pétillant qui différait des anciennes telle que Catherine Langeais. Dorothée, c’est une petite nana un peu plus marrante. Je crois que c’est pour cela que Jacqueline Joubert l’a engagée.

Je trouve qu’elle avait un talent certain. C’était une bonne pâte que quelqu’un aurait pu mieux exploiter. Elle avait la capacité de se remettre entre les mains de quelqu’un et de se laisser faire, dans le bon sens du terme, c’est-à-dire d’accepter, si on savait lui parler, d’aller faire telle ou telle chose. Azoulay en a fait une jolie petite poupée de music-hall, mais je pense que, dans les mains d’un metteur en scène ou d’un producteur plus volontaire, Dorothée aurait pu faire autre chose, en tant que comédienne. En ayant « les couilles » de se faire violence, elle aurait pu casser son image. Je crois qu’elle aurait pu jouer cette carte la.

Lors de son premier Olympia, je ne me souviens pas que Dorothée ait manifesté une émotion quelconque. Elle faisait son travail… Je me souviens aussi de Discopuce. C’était très joyeux et marrant à enregistrer. Les séances d’enregistrement avaient souvent lieu le soir, après les tournages de la journée. Certaines fois, alors que Dorothée n’avait plus besoin d’enregistrer, Jean Luc Azoulay lui disait de rentrer chez elle. Immanquablement, on la voyait revenir et, quand on lui demandait ce qu’elle faisait là au lieu de prendre du temps pour elle, elle répondait : « Oh ! Je viens voir ce qui se passe ! »

En 1987, Dorothée était arrivée à un stade de popularité énorme, avec de grosses ventes de disques. Pour la télévision, on ne parlait pas d’audience encore à l’époque, mais ça marchait du feu de dieu et Azoulay, comme tout producteur ambitieux, voulait encore plein de choses. Parce que Récré A2, c’était le bébé de Jacqueline Joubert. C’est elle qui a fait Dorothée, qui est allé la chercher. Petit à petit, Jean Luc a pris de l’importance dans la vie professionnelle de Dorothée et je pense que, sans le dire à Jacqueline, il a tracté avec TF1 pour préparer l’arrivée de Dorothée sur cette chaîne. Il y a eu grosse fâcherie entre Jacqueline et Dorothée.

Je suis resté sur la deux et Récré A2 s’est terminé un an après, en 1988. Jean Luc m’a appelé tous les trois mois pour rejoindre la bande de TF1 et je ne lui ai jamais dit oui… J’ai totalement perdue de vue Dorothée. J’ai juste revu Ariane. »

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