[2005]

  • Jacqueline Joubert décède à l'âge de 83 ans , on retrouve Dorothée et son fidèle ami Jacky dans la presse lors de l'enterrement de la créatrice de "Récré A2"

  • Dorothée accorde une interview au magazine "Télétop" à lire ici

  • Dorothée réapparaît chez Michel Drucker à l'occasion d'un "Vivement Dimanche" consacré à Chantal Goya, énorme succès d'audience (5 millions de téléspectateurs)

 

SONDAGE "TELE STAR"

Durant 5 semaines, Télé star a demandé à ses lecteurs de choisir parmi 40 ex vedettes de télévision, celles qu’ils voulaient revoir sur une grande chaîne. Dorothée s’est bien défendue et après 8 ans d’absence médiatique, elle arrive dans le trio de tête !

Ca vous fait quoi d’être deuxième ?

J’ai d’abord été surprise. Je ne pensais pas arriver en finale. Mais je suis surtout émue. Comme preuve de fidélité, on ne fait pas mieux. Je suis émue. Mon cœur fait boum boum ! J’en profite pour remercier les lecteurs de Télé Star.

Les gens vous abordent-ils dans la rue ?

Oui, pour me dire que je leur manque. Ils m’engueulent parce que je n’ai plus d’émission à la télé. Mais je n’y suis pour rien !

Vous aimeriez en refaire ?

Oui, mais pas n’importe quoi…


Recommencer le Club Dorothée ?

Non, on ne peut pas refaire quelque chose comme ça. Pourquoi pas recréer un programme jeunesse ? Même si je sais que les gamins ont changé.

Et vous n’avez aucune proposition de chaînes ?

Non. Pourtant, j’aimerais aussi me frotter de nouveau à la comédie.

On a dit que vous aviez été contactée pour incarner l’Instit…

On a dit n’importe quoi sur moi…mais ça, c’était vrai ! Hélas, ça n’a pas été confirmé.


Toutes les chaînes vous intéressent ?

Oui ! Je ne suis pas sectaire.

Même TF1 ?

Quand on se croise, il n’y a pas de problème. Tout est correct.

La téléréalité vous plaît-elle ?

Non, je lis partout que je vais faire la Ferme 2. Ça ne m’intéresse pas.

Hélène a pourtant fait 1ère Compagnie…

C’était un bon truc pour elle. Moi, je ne pourrais pas me séparer de mon chien aussi longtemps ! J’ai pas de doggy-sitter.

Les émissions jeunesse, vous en pensez quoi ?

No comment ! (rires)

Elles ne vous plaisent pas…

Non, c’est une suite de dessins animés et de séries. Tout ce que j’ai toujours voulu éviter.

Et la chanson ?

Pour l’instant, je mets de côté. Je ne peux pas concurrencer les jeunes de la Star Ac’ !

Huit ans d’absence, ça a été long ?

(Elle soupire). Au début, par la force des choses, je suis redescendue sur terre. J’ai repris une vie normale avec des horaires plus cools. J’ai profité de ma famille, de mes amis. Mais je ne me suis pas éloignée du monde de la télé. Je suis restée derrière, un peu conseillère, un peu ceci, un peu cela…

Ne pensez-vous pas que l’on vous a fait payer votre énorme succès ?

Il y a eu des réactions négatives qui m’ont fait hyper mal. C’était tellement injustifié. Ça s’appelle la jalousie… Surtout que j’ai toujours tout fait avec sincérité.

On a dit de vous que vous étiez dépressive…

Ne vous inquiétez pas, j’ai une vie tout à fait normale. Tout va bien. Vous savez, quand on n’a rien à dire, c’est pas la peine de parler.​

  • L'émission "La Mehdina" sur Beur FM, a organisé le 23 Février dernier, une spéciale Club Dorothée avec Ariane, Corbier,  Rémi et Minet.

  • Le CSA appelle de nouvelles candidatures pour la TNT. Le projet Do'TV est rebaptisé Club Récré et est défendu par Jean Luc Azoulay mais sans Dorothée cette fois. Le CSA choisi finalement Gulli.

Lire l'audition :

M. le PRESIDENT. - Audition du projet Club Récré. Vous disposez de quinze minutes pour présenter le projet et, pendant le quart d'heure suivant, nous vous poserons des questions. Vous avez la parole.

M. AZOULAY. - Monsieur le Président, mesdames et messieurs les Conseillers, bravo et merci, parce que vous avez réussi à faire que la TNT existe. Vous avez offert aux téléspectateurs français la chose la plus importante en démocratie : le choix. Une seule catégorie de Français a été oubliée pour l'instant, elle est importante : il s'agit des enfants. Voici presque trois ans déjà, nous avions proposé un projet de chaîne jeunesse gratuite et, si nous sommes à nouveau aujourd'hui devant vous, c'est que nous sommes persuadés qu'une telle chaîne est absolument nécessaire au paysage audiovisuel français. Faisons un rapide bilan. Toutes les chaînes jeunesse proposées aujourd'hui au public français sont payantes, qu'on achète, ce que nous trouvons totalement injuste parce qu'on n'a pas toujours les moyens d'acheter. En outre, elles sont diffusées par l'intermédiaire du câble et du satellite auxquels seulement 30% des téléspectateurs ont accès. Cela signifie que 70% des familles françaises n'ont pas d'autres programmes jeunesse que ceux des chaînes hertziennes actuelles qui, en tant que chaînes généralistes, ne proposent qu'une offre restreinte, concentrée dans des créneaux horaires bien précis. Pourtant, les jeunes téléspectateurs ont, tenez-vous bien, 220 jours de vacances par an, sans compter les tout-petits qui ne vont pas encore à l'école, ceux qui commencent plus tard, qui finissent plus tôt, les malades… Bref, il existe tout au long de l'année un véritable public aux attentes duquel la télévision ne répond pas pour l'instant. C'est anormal et je crois que tout le monde en a conscience. C'est pourquoi, aujourd'hui, nous vous proposons Club Récré, une chaîne jeunesse et familles, gratuite, fédératrice, conviviale, interactive, responsable et intelligente. Je vais essayer en quatre points de vous présenter notre projet : – Premier point : qui sommes-nous ? Le groupe JLA est l'un des premiers groupes de production de programmes télévisés, totalement indépendant et 100% français. Nous n'avons pas d'autre activité, ni dans le commerce des catalogues, ni en presse, ni en radio, ni dans l'industrie. Mais, dans le domaine qui est le nôtre, nous occupons pratiquement tous les secteurs de la création : la fiction bien sûr, sous toutes ses formes : de Navarro à l'Instit, de SOS 18 aux Rois maudits que nous venons de terminer et dont je suis particulièrement fier, de Vingt mille lieues sous les mers que nous allons préparer bientôt à d'autres projets tout aussi ambitieux. Nous produisons en moyenne une trentaine de téléfilms par an et nous réalisons un chiffre d'affaires annuel d'environ 50 millions d'euros. À travers nos filiales, nous produisons également des émissions de variétés et de divertissement, des émissions de flux, des jeux, des documentaires et nous sommes très fiers d'avoir fédéré un ensemble de talents, de créateurs, de producteurs au sens artistique du terme, qui nous donne la faculté d'offrir au public des programmes de toute nature, qui ont la chance de lui plaire. – Deuxième point : pourquoi un tel projet ? Si nous avions décidé, voici trois ans, de nous lancer dans l'aventure de la TNT et si nous persévérons aujourd'hui, c'est parce que nous considérons qu'elle représente une chance historique de renouveler le paysage audiovisuel de notre pays. Notre télévision a besoin d'un son nouveau, de nouveaux concepts, de nouvelles approches, de nouvelles idées. La TNT, pour nous, est la télévision nouvelle pour tous. Qui dit "télévision nouvelle", dit forcément "nouveaux entrants". Si ce sont les mêmes qu'hier, qui créent de pseudochaînes nouvelles en recyclant leurs idées et leurs programmes, l'ouverture extraordinaire de la TNT n'aura servi à rien. Nous sommes de véritables nouveaux entrants, mais des nouveaux entrants qui connaissent leur métier et qui ont les moyens de mener à bien ce projet qui nous passionne. Un projet repose toujours sur des hommes et des femmes. Je vais brièvement nous présenter. Je vais commencer par moi, ce qui ce n'est pas très modeste, mais bon, c'est ainsi. Cela fait plus de vingt ans que travailler pour la jeunesse me passionne. J'ai écrit des séries, des chansons, des comédies musicales. J'ai participé à la création des unités jeunesse aux côtés de Jacqueline Joubert qui m'a beaucoup appris, de TF1 avec Dorothée, de TMC. Je produis chaque jour des programmes familiaux. Et je garde intacte l'envie que j'ai toujours eue de travailler pour ce public que je trouve vraiment passionnant. Jean-Pierre Dusséaux, en dehors du fait d'être un ami très fidèle, un talentueux producteur, mon associé dans une de nos filiales et un précieux collaborateur, a dirigé les programmes de plusieurs chaînes de télévision nationales. Jean Sagols a réalisé les plus belles de nos fictions. Valérie Martin travaille à nos côtés depuis douze ans et connaît tous les  problèmes de production. Elle est plus particulièrement en charge du code déontologique de notre chaîne aujourd'hui. Renaud Burosse représente l'aspect juridique et financier de notre entreprise. Aujourd'hui, grâce à eux et à tous ceux qui travaillent avec nous, nous avons les moyens techniques, financiers et humains pour nous lancer dans ce projet et nous en avons surtout la passion. – En troisième point, faisons une brève analyse de la situation dans les autres pays d'Europe où la TNT gratuite existe déjà. Deux modèles se distinguent : soit un modèle de chaîne 100% -je dis bien 100%- publique, qui fonctionne sans aucune publicité, comme en Angleterre ; soit un modèle de chaîne 100% privée, financée par la publicité, avec des programmes plus fédérateurs, ouverts sur la famille ; c'est le cas en Italie. L'Allemagne cumule les deux systèmes. Le Groupe JLA étant un groupe privé, Club Récré sera donc une chaîne gratuite, financée par la publicité, totalement indépendante et innovante. – Le quatrième et dernier point décrit très rapidement les grandes options de notre projet. Club Récré sera une chaîne fédératrice et familiale. Fédératrice, parce qu'il y a des enfants de tous âges. Familiale, parce que le meilleur moyen de les réunir est de réunir toute la famille autour du petit écran -c'est un réel projet-, pour que les adultes et les enfants partagent les moments qu'ils passent devant la télévision, pour susciter l'échange entre les générations et favoriser la cohésion sociale des Français de demain. Ce ciblage familial permettra forcément de diminuer la pression publicitaire sur les seuls enfants, puisque les annonceurs pourront  s'adresser à toute la famille, et vous savez très bien que les annonceurs adorent les cibles familiales. Une autre caractéristique de notre chaîne sera d'être conviviale. Ce ne sera pas seulement un "robinet" de dessins animés entrecoupés de bandes-annonces et de publicités. Ce sera une vraie antenne, avec des animateurs qui la feront vivre. Dès le premier jour, ces animateurs seront là. Ils seront jeunes, représentatifs de la population française, parleront un français correct, éviteront toute vulgarité, toute dérive pseudo-branchée ; ils seront le lien entre le public et sa chaîne. Jean-Pierre Dusséaux vous en dira plus dans quelques instants sur nos programmes. Mais, avant de lui passer la parole, je tiens à vous dire que Club Récré sera surtout une chaîne responsable. En effet, si nous avons envie de travailler pour le jeune public, nous savons également qu'il faut le protéger. À toi, Jean-Pierre...

M. DUSSEAUX. - Merci, Jean-Luc. Monsieur le Président, mesdames et messieurs les Conseillers, comme l'a dit Jean-Luc Azoulay, Club Récré a effectivement pour ambition de s'adresser aux enfants de tous les âges, des tout-petits aux ados, ainsi qu'à toute la famille. C'est pourquoi nous proposerons, à chaque moment de la journée, des émissions adaptées au public qui est majoritairement présent suivant son âge et sa condition, mais sans exclure pour autant les autres. Permettez-moi maintenant de vous préciser les trois axes autour desquels a été bâti Club Récré :  – D'abord, il s'agit d'une grille structurée, autour de rendez-vous simples, sur des rythmes journaliers, quotidiens, hebdomadaires et saisonniers, en tenant compte du temps de l'école, pour une durée de diffusion de dix-neuf heures par jour, dès 6 h du matin. La régularité de cette structure et de ces rendez-vous sera évidemment modifiée pour tenir compte des rythmes scolaires, des vacances en particulier, mais également des grands événements qui vont ponctuer la vie des gens et des enfants en particulier, c'est-à-dire d'événements sportifs, culturels, médiatiques, afin qu'il soit bien clair que la chaîne sera ancrée dans le réel, dans son temps et dans la vie et sera un des éléments, comme le livre, le disque, la BD, permettant de comprendre un peu mieux le monde ; c'est particulièrement important pour les enfants. – Le deuxième axe est une ambition pour nos programmes. Quand on veut connaître quelque chose et pouvoir l'utiliser au mieux, on essaye d'apprendre pour comprendre et entreprendre. Ce sont des étapes simples, que l'on adopte dès qu'on est confronté à quelque chose de nouveau. Et pour les enfants, tout est nouveau. C'est donc sur cette triple ambition "apprendre, comprendre, entreprendre" que nous avons structuré nos programmes. C'est la raison pour laquelle vous trouverez dans notre grille des programmes qui traiteront de l'actualité, de la science, du sport, du cinéma, des arts du spectacle, mais également de la cuisine, de l'humour, des émissions civiques et puis des émissions de solidarité, car il nous paraît important de partager et de transmettre. Quelques exemples : Club Sciences le dimanche de 19 h à 20 h, Club Musique tous les jours de 18 h 30 à 19 h, Vive le sport le samedi de 13 h à 13 h 30, mais également le Club des P'tits chefs (une façon ludique d'apprendre le goût aux enfants), le Journal pour les enfants et une émission caritative À cœur ouvert. – Troisième axe : des femmes et des hommes pour accompagner nos programmes. Comme l'a dit Jean-Luc Azoulay, nous avons souhaité donner, dès le début, des visages, des voix, des sourires à notre chaîne. C'est la raison pour laquelle nous ferons appel à une équipe de jeunes animateurs. Je devrais plutôt dire une troupe, car nous souhaitons la faire travailler comme une troupe. Elle interviendra dès le début de l'antenne, pour présenter nos programmes et, je devrais dire plutôt, pour les accompagner. Ils ne se limiteront pas à annoncer telle ou telle fiction, tel dessin animé ou tel magazine, ils essaieront de compléter la diffusion en amplifiant tel ou tel événement, en le resituant dans son contexte historique, politique ou géographique, en donnant des explications sur des expressions ou des mots compliqués, en un mot, en guidant le jeune téléspectateur à la fois dans la grille et en le renvoyant, si nécessaire, bien sûr tout d'abord à l'école, mais également sur tel ou tel livre ou film, sur telle ou telle pièce, afin qu'il soit bien clair, pour le spectateur, que tant les émissions que notre chaîne ne sont pas une fin en soi. Ce qui est important, c'est l'ouverture que cela peut apporter sur le monde et sur les autres. Bien sûr, accompagner se fera en divertissant. Notre chaîne s'appelle en effet Club Récré. On retrouve le mot Club, mais également le mot Récré. Enfin, grâce à cette troupe, Club Récré pourra se déplacer à travers toute la France et l'Europe à l'occasion des émissions spéciales et, en particulier, pour les vacances scolaires, Club Vacances matin et Club  Vacances après-midi, deux émissions importantes, seront réalisées en extérieur. Pour alimenter cette grille, nous allons bien sûr avoir besoin de programmes. Comme le rappelait Jean-Luc, Club Récré n'est pas la déclinaison d'une autre chaîne déjà existante et ne possède pas en propre de catalogue jeunesse suffisamment important pour alimenter son antenne. C'est pourquoi, dès le départ, nous ferons appel de façon importante aux producteurs et aux productions extérieurs, sous forme d'achats, de préachats ou de coproductions. Et, dans la mesure où nous ferons appel à tout le marché, français et européen, nous avons la certitude de pouvoir disposer du meilleur des programmes français et européens. Évidemment, pour éviter qu'une grille soit un carcan, il faut lui donner une âme. C'est le travail auquel va s'employer Jean Sagols qui, dans son métier de metteur en scène, a toujours privilégié l'authentique et qui mettra littéralement en scène cette grille, afin que nos programmes puissent toucher le cœur des téléspectateurs.

M. SAGOLS. - Merci, Jean-Pierre. Monsieur le Président, mesdames et messieurs les Conseillers, je vais en quelques mots vous parler de nos exigences artistiques. Pour Club Récré, la priorité sera de soigner la qualité de nos programmes. Pour cela, nous fabriquerons, nous rechercherons des fictions, des documentaires ou des reportages qui amèneront un plus par la force de leurs contenus bien sûr, mais surtout également par leurs qualités techniques. Aujourd'hui, en effet, grâce à la TNT, l'image est plus soignée, plus fine, plus brillante et le son est plus élaboré. Nous irons donc dans ce  sens. De nos jours, les enfants évoluent dans un monde environné d'images, de sons. Ils doivent apprendre à les contrôler, à les apprivoiser et surtout à les diriger. Club Récré leur en donnera les moyens, c'est notre souhait. Notre chaîne sera ouverte à de nombreux reportages, à toutes les influences culturelles et populaires de nos régions ; je pense en particulier à l'histoire, aux contes et légendes et à la tradition d'hier et d'aujourd'hui. Nous parlerons de l'Europe, du monde, de la façon de vivre des enfants d'ailleurs, de leur quotidien, de leurs jeux, de tout ce qui compose leur différence, mais également et surtout de ce qui les rapproche de nous. Enfin, fictions, dessins animés, jeux, variétés composeront un kaléidoscope de toutes les créations d'ici et d'ailleurs. Nous en assurerons la qualité par un choix réfléchi. Cela nous amène à définir la responsabilité de la chaîne, et je passe la parole à Valérie.

Mme MARTIN. - Monsieur le Président, mesdames et messieurs les Conseillers, Club Récré sera une chaîne responsable. La protection des enfants et des adolescents constituera une exigence absolue pour la chaîne. Une protection qui sera assurée : – D'une part, par des adultes responsables : des psychologues spécialistes de l'enfance examineront tous nos programmes avant la diffusion. Un comité d'éthique, composé de personnalités incontestables, du monde de la médecine, de l'éducation, de la presse et de la littérature, veillera à la bonne tenue de la ligne éditoriale. Des animateurs, omniprésents et rassurants, accompagneront notre jeune public à tous les moments de la journée. – D'autre part, l'établissement d'un code de conduite, au niveau de la ligne éditoriale : nous bannirons toute violence de notre antenne. Nous serons extrêmement vigilants sur le contenu des publicités ainsi que sur l'enchaînement des programmes avec les écrans publicitaires. Nous développerons en priorité l'interactivité la moins onéreuse possible et bannirons les recettes annexes, de type SMS surtaxés, qui feraient de Club Récré une chaîne faussement gratuite.

M. AZOULAY. - Pour tout cela, il faut bien entendu des moyens financiers et c'est Renaud Burosse qui va vous en parler.

M. BUROSSE. - Merci, Jean-Luc. Monsieur le Président, mesdames et messieurs les Conseillers, le budget total de Club Récré pour les cinq premières années d'exploitation, c'est-à-dire jusqu'à 2010, est de 63 millions d'euros, dont 31 millions seront intégralement consacrés à l'antenne. Par ailleurs, notre plan d'affaires identifie des recettes publicitaires qui ont été estimées à partir d'hypothèses volontairement basses. Les premières années d'exploitation seront naturellement déficitaires, ce qui nous conduira à réaliser un investissement de près de 25 millions d'euros. Nous estimons que l'équilibre sera atteint en 2010 et que nous obtiendrons un retour sur investissements en 2015, soit dix ans après le lancement de la chaîne. Comme l'a précisé Jean-Luc Azoulay, le groupe JLA est un des principaux groupes de production audiovisuels français. Son chiffre d'affaires moyen pour les trois dernières années est de 50 millions d'euros. Aujourd'hui, les sociétés du groupe sont toutes bénéficiaires et ont  d'excellentes perspectives de croissance. Le groupe JLA dispose donc des moyens financiers lui permettant d'assurer la bonne marche de Club Récré et d'assumer seul les investissements nécessaires. Toutefois, comme nous l'avons indiqué dans notre dossier de candidature, nous n'excluons pas d'ouvrir le capital de Club Récré à des partenaires extérieurs. Mais, sur ce point précis, je cède la parole à Jean-Luc Azoulay.

M. AZOULAY. - Deux banques importantes, l'OBC et la Banque Lazard, nous ont assuré de leur soutien, de leur intérêt pour notre projet et de la possibilité de nous aider à créer un tour de table si le besoin s'en faisait sentir. Si nous faisions entrer des gens dans notre capital, ce serait bien entendu dans le respect de la législation et de manière minoritaire ; ils ne pourraient en aucun cas influer sur la ligne éditoriale de Club Récré.

M. BUROSSE. - Après ces précisions, je terminerai mon intervention en vous parlant brièvement de nos engagements en matière de diffusion et de production. Les œuvres constituent plus de 60% de la grille de Club Récré. Nous engageons à respecter, dès le démarrage de la chaîne, les quotas de diffusion d'œuvres européennes, soit un minimum de 60%, et d'œuvres d'expression originale française, soit 40%. En ce qui concerne la contribution de la chaîne au développement de la production d'œuvres audiovisuelles françaises, Club Récré respectera, également dès son démarrage, les obligations de production en investissant 16% de son chiffre d'affaires, dont les deux tiers au minimum iront à la production indépendante. Enfin, un tiers au moins de ses investissements sera consacré à la production d'œuvres inédites.

M. AZOULAY. - Voilà, je crois que nous avons tout dit. 

M. le PRESIDENT. - Merci. Sylvie Genevoix...

Mme GENEVOIX. - Nous avons noté le caractère très volontariste et très diversifié de votre grille dans tous les domaines : du sport, de l'actualité, du cinéma, un côté très riche. L'inquiétude que nous pouvons avoir est que, pour le financer, vous alliez au-delà... Certes, vous venez de nous dire que vous pourriez faire venir des partenaires extérieurs, mais notre crainte serait que vous soyez amenés à augmenter le volume de publicité diffusé pour financer ces programmes.

M. AZOULAY. - Non, bien entendu. De toute façon, il existe des règles que nous respecterons concernant la publicité. Comme je vous l'ai dit, le caractère familial de notre chaîne nous permettra de favoriser la publicité dans les créneaux pendant lesquels la famille est réunie, c'est-àdire en fin d'après-midi, ce qu'on appelle l'access prime time, et en soirée. Nous respecterons totalement les quotas, en essayant vraiment de ne pas porter une pression publicitaire trop importante sur les enfants. De toute façon, le marché de la publicité pour les enfants n'est pas très important. C'est la raison pour laquelle il est important, lorsqu'on conçoit une telle chaîne, de la concevoir familiale, sinon elle ne peut pas financièrement être rentable.

M. DUSSEAUX. - Par ailleurs, les techniques de production expérimentées par le groupe JLA depuis longtemps sur ces modules, ainsi que les techniques que nous utilisons sur la production de fictions nous permettent d'optimiser la fabrication, en particulier sur les émissions de plateau. Je rappelle que nous disposons de moyens techniques qui ont été amortis. Cela nous permet d'afficher des coûts inférieurs à des pratiques courantes, qui sont pour nous des économies d'échelle.

M. AZOULAY. - Nous avons également une stratégie, dont Jean va vous parler, faire travailler des jeunes. C'est son "dada"...

M. SAGOLS. - Non, il n'y a pas de "dada"... Les nouvelles techniques qui apparaissent de jour en jour dans le numérique, en particulier dans la HD -nous travaillons en HD maintenant depuis quatre ans, nous avons été les premiers en France à faire cela sur du prime time et particulièrement avec Navarro - permettent d'alléger énormément les tournages, tout en gardant la qualité. Je me sers d'un exemple particulier... J'ai commencé à faire les fameux grands feuilletons d'été populaires. À l'époque, on disait toujours : "Vous faites cela... On n'a pas d'argent, on ne peut pas les faire..." Et nous les avons faits. Aujourd'hui, c'est une chose établie, c'est pratiquement devenu un genre majeur de la télévision. Donc on peut y arriver. Ce n'est pas un problème. Voilà, c'est tout ce que j'ai à dire. La technique, la manière, les plateaux et surtout la formation... On nous reproche souvent de ne pas utiliser les jeunes qui sortent des écoles spécialisées. Je pense notamment à celles qui forment des techniciens. C'est une idée pour nous d'utiliser, sans les exploiter bien évidemment, les stagiaires sortis de toutes les écoles de France.

Mme REISER. - Nous voudrions revenir sur la séparation des Groupes AB et JLA Productions et sur le partage des catalogues. Aujourd'hui, sur quel genre de programmes JLA Productions dispose-t-il de droits ?

M. AZOULAY. - JLA Productions ne dispose pas de droits importants, sauf sur ceux que nous avons produits depuis la création du groupe JLA, c'est-à-dire 2000 . Nous devons avoir à peu près 150 films de 90 minutes, c'est à peu près tout. Cela ferait à peu près une semaine d'antenne, si nous les mettions à l'antenne.

M. LEVRIER. - Dans vos dépenses, vous prévoyez un montant pour la diffusion qui apparaît sensiblement supérieur à ce que prévoient les autres candidats, à peu près 50% plus élevé. Évidemment, on pourrait faire l'hypothèse que c'est parce que vous n'avez pas confiance dans vos capacités de négocier avec votre fournisseur, ce qui paraît extrêmement peu probable. Envisagez-vous de couvrir le territoire plus vite que ce qui est prévu dans l'appel à candidatures ?

M. AZOULAY. - D'une part, nous espérons couvrir le territoire plus vite. D'autre part, dans notre coût de diffusion, nous avons prévu, dès le départ, parce que nous tenons à avoir le maximum de téléspectateurs, puisque nous sommes une chaîne privée, gratuite, financée par la publicité, d'aller sur le satellite, de façon à pouvoir être repris par le satellite et le câble immédiatement et bénéficier de ces 30% de Français qui sont déjà équipés.

Mme DENIS. - La place réservée aux dessins animés dans votre grille paraît relativement restreinte, aux alentours d'un quart ou d'un cinquième. Cela vous permet-il de toucher le public visé ? J'ai cru comprendre que les plus de 14 ans et la famille étaient également visés, mais en tout cas pour ceux qui ont moins de 14 ans, est-ce suffisant ? 

M. DUSSEAUX. - Nous avons effectivement proposé une place plus ou moins restreinte, tout simplement également pour une analyse du marché qui, en termes de dessins animés français et non violents, n'est pas d'un volume qui nous permettrait raisonnablement, pour maintenir l'éthique de la chaîne, de satisfaire à des volumes de ce niveau-là. C'est tout à fait compatible avec les cibles "apprendre, comprendre, entreprendre" que nous nous sommes fixées. Nous concentrerions ces plages sur des zones pour les enfants les plus jeunes et, dans d'autres parties, nous travaillerions plutôt avec des séries. Cela correspond à la partie intermédiaire ; à terme, nous souhaitons pouvoir intervenir en tant que coproducteurs ou pré-acheteurs sur des nouveaux dessins animés. À ce moment-là, nous utiliserions la pratique qu'avait eue France 3 en son temps, qui avait des moyens limités, consistant à offrir une régularité, une fidélité, une exposition forte afin de pouvoir peser sur le marché. Pour l'instant, notre poids n'est pas tel qu'il nous permette de modifier, mais le curseur peut se déplacer, disons jusqu'à 30%.

M. BECK. - Dans vos hypothèses économiques de cadrage, nous voyons apparaître un nombre de foyers initialisés en câble et satellite nettement supérieur au nombre de foyers initialisés en TNT à l'horizon de quatre ou cinq ans. Voici trois ans, nous ne vous avions pas retenus. Pourquoi, depuis trois ans, n'avez-vous pas essayé de lancer un service, éventuellement payant, sur le câble et le satellite ? Et dans l'hypothèse où nous ne pourrions pas vous accorder la licence cette fois-ci, lanceriez-vous votre service en câble/satellite, sans la licence TNT ? 

M. AZOULAY. - Je vais vous dire une chose qui va vous paraître bizarre. Philosophiquement, je n'ai pas envie de faire une chaîne jeunesse payante. J'aurais pu le faire, mais je n'en ai pas envie. Pour moi, cela doit être gratuit, accessible à tous. Si nous n'avons pas la concession, si nous arrivons à trouver une économie sur le câble et le satellite suffisante pour faire une chaîne jeunesse gratuite, pourquoi pas ? Mais payante, non ; ce n'est pas ma philosophie.

M. le PRESIDENT. - Avez-vous d'autres questions ?

Mme VINCENT-DERAY. - Monsieur le Président, je vais vous poser une question que, malheureusement, nous posons à la plupart des candidats à l'obtention d'une chaîne TNT. La loi a décrété, en février dernier, que la plupart des programmes devaient réserver une part importante au soustitrage pour les populations sourdes ou malentendantes. Beaucoup d'enfants, beaucoup de jeunes sont malheureusement atteints de surdité. Vous n'avez pas, comme beaucoup d'autres candidats, prévu dans votre dossier de dispositions relatives à cet engagement. En avez-vous et lesquels ?

M. AZOULAY. - Nous en avons. Vous avez raison, hélas, beaucoup d'enfants sont atteints de surdité. C'est Jean-Pierre qui va vous en parler, car il connaît bien le sujet..

M. DUSSEAUX. - J'ai ce malheureux privilège : ma mère est sourde, je connais donc très bien le sujet. J'ai en outre travaillé sur Antiope du temps de France 2. Le mode de communication avec les sourds et les malentendants est de deux types : le type écrit ou le type par signes. Pour les enfants, d'une part, certains n'ont pas appris ou ont du mal à  apprendre à lire ; d'autre part, certains lisent mal, donc pas assez vite pour le sous-titrage. Nous allons privilégier le langage des signes. C'est pourquoi nous discutons en ce moment avec l'école de l'Abbé de l'Épée, pour essayer d'avoir parmi nos animateurs quelqu'un qui serait capable de signer. Il en existe. C'est le cas de L'œil et la main sur la Cinq ; c'est tout un travail réalisé avec le CAT de Jean-Mermoz. Nous sommes en rapport assez précis avec eux. Notre ambition serait évidemment de sous-titrer. Tout d'abord, il s'agit d'un sous-titrage spécifique. On voit qu'il n'est pas possible sur les émissions d'actualité, parce qu'il doit être fait en direct et c'est toute la difficulté. Le sourd, qu'il soit petit ou grand, n'a pas de déficit disons "romanesque". Il peut lire -quand il le peut-, écouter de la musique, etc. En revanche, il a un vrai problème de coupure avec le monde, parce qu'il n'a pas accès au réel. Pour cela, il n'y a que les signes. C'est d'ailleurs ce que fait TF1 dans son émission vers 10 h le matin. Nous travaillons, quant à nous, sur cette hypothèse-là. En tout état de cause, nous ferons ce pourcentage minimum de soustitrage, nous irons au-delà, mais nous voudrions trouver des solutions à travers nos animateurs. Nous sommes sur des pistes intéressantes.

M. le PRESIDENT. - Merci. Il n'y a pas d'autres questions. Vous avez la parole pour conclure.

M. AZOULAY. - Pour conclure, je voudrais simplement vous dire que, pour moi, la TNT est vraiment une grande chance pour la télévision, pour les Français, pour tous ceux qui aiment regarder la télévision. J'espère vraiment, en tant que producteur, en tant que postulant à une fréquence,  qu'on donnera un son nouveau à la télévision, que ce ne seront pas toujours les mêmes qui referont toujours la même télévision, qu'on aura de nouveaux interlocuteurs et qu'on pourra enfin renouveler ce paysage audiovisuel qui est, hélas, figé depuis trop longtemps. J'ai tout à fait confiance en l'avenir sur ce plan-là.

M. le PRESIDENT. - Je vous remercie. C'est la fin des auditions pour cette journée. Nous reprendrons demain à 9 h 30.

[BONUS] Dorothée au téléphone dans "On ne peut pas plaire à tout le monde"

On ne peut pas plaire à tout le monde

Dorothée : "J'ai très envie de tourner dans une fiction"

TV Mag - 2005

Source : La génération AB

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